Le cinéma, la télévision et les médias au Gabon

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Société

Il est assez difficile pour les classes moyennes et les classes les moins aisées de se divertir car les revenus du foyer sont attribués en priorité aux besoins primaires (se loger, se nourrir, etc.). Elles se tournent alors vers le plus accessible pour elles : la télévision et le cinéma. Mais la qualité de ceux-ci au Gabon est à revoir. Quid de la situation.

Séries tv, cinéma : une industrie à (re)construire

Prenons le cas des séries qui sont diffusées sur les chaînes de télévisions nationales. La plupart, pour ne pas dire toutes, sont étrangères (Amérique du Sud, Asie, etc.). Il y a quelques séries gabonaises qui tentent tant bien que mal d’émerger. Parmi celles qui se détachent du lot, on retrouve la célèbre « Auberge du Salut », le populaire « Kongossa »,  ou encore la réussie – et bien trop courte – « KIARA »  (disponible sur la chaîne Youtube 241 Pour Cent).

Le cinéma gabonais n’est pas en reste. A l’image des grands classiques tels « O’Bali » ou « Le Grand Blanc de Lambaréné », les nouveaux cherchent, et trouvent parfois, leur place dans le cœur des spectateurs . Même si certains se démarquent clairement de part leur description réaliste du quotidien au Gabon, on est encore loin du résultat que l’on pourrait obtenir si on améliorait la qualité de production (castings, jeux des acteurs, effets visuels et audio, etc.) . Ou si les équipes bénéficiaient de soutiens adéquats pour mener à bien leurs projets. D’où la nécessité d’un programme de subventions publics et/ou privés afin de valoriser le cinéma « Made in Gabon ». Une bataille que IGIS Gabon (ex CENACI) mène déjà. En effet, cette structure est rattachée au Ministère de l’Économie numérique, de la communication et de la Poste. Elle œuvre au quotidien pour  la « protection et la promotion de l’identité culturelle » gabonaise. Certaines productions ont d’ailleurs une valeur pédagogique avec pour objectif de dépeindre des réalités sociales ou inculquer aux populations des valeurs civiques.

Malheureusement, ces productions audiovisuelles ne sont pas toujours disponibles sur des supports médias accessibles au plus grand nombre, particulièrement pour les membres de la diaspora. On trouve difficilement leur DVDs et très peu sont en ligne sur les sites de partage de vidéos. Une plateforme sécurisée de Vidéos à la Demande (VOD) pour cela serait une alternative bénéfique pour tous. D’une part, elle constituerait une source de revenus supplémentaires pour les producteurs et les autres intervenant dans la chaine de création; d’autre part, cela permettrait d’accroître la disponibilité des films et séries, des documentaires et même des retransmissions en ligne pour les consommateurs.

Télévision et radio : peut (et doit) largement mieux faire

Les médias tv gabonais se composent de GabonTV (1 et 2), Télé Africa, TV+, RTN et la fameuse et mystérieuse chaîne connue sous le nom de « Point Noir ». Cette dernière est la seule à notre sens qui tire son épingle du jeu en se positionnant sur le secteur du divertissement (films, séries et musique). Sa ligne éditoriale devrait servir d’exemple à ceux et celles qui souhaiteraient entrer dans le même créneau et gagner une part d’audience proche du monopole. La seule zone d’ombre au tableau pour « Point Noir » est qu’il s’agit d’une chaine pirate. Son activité relève ainsi de l’illégal car elle ne paie aucun droit de diffusion sur les programmes qu’elle retransmet.

En ce qui concerne les émissions de divertissements et de culture, hormis « AGORA » qui maitrise plus ou moins l’art du débat et invite à la discussion, les autres émissions ont une qualité plus que douteuse tant par le contenu du programme que par sa forme. Aucune n’incite réellement à la réflexion poussée et/ou au divertissement de qualité. En particulier pour les jeunes ou les plus petits.

Quant aux radios gabonaises, ici et là des auditeurs se plaignent assez souvent; notamment du manque de professionnalisme de certains journalistes radio. Soit parce que ces derniers n’ont aucune maitrise du sujet qu’ils abordent dans leur émission; soit parce que leur discours est en décalage avec la ligne éditoriale du programme. Mais dans l’ensemble, tous les types d’auditeurs sont représentés à travers les nombreuses stations de radios et les différents programmes diffusés sur les ondes.

Le mot d’ordre est donné : améliorer la qualité

En définitive, un gros travail d’amélioration et de réorientation est à faire dans ce secteur.  Le dicton « Gabon d’abord » ne devrait pas être de vaines paroles; il faut davantage de produits locaux (émissions, séries, films, spectacles et évènements de qualité) produits au Gabon, de préférence par des nationaux ou des résidents permanents. Une chose est sure, le Gabon a un énorme potentiel du point de vue du divertissement audiovisuel, si seulement on lui donne les moyens techniques et financiers d’y parvenir.

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Observatrice silencieuse, je relate aussi fidèlement que possible ce que j'observe.

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