En tête-à-tête avec… #2 – Lord Ekomy Ndong

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Amazing people, En-tête-à-tête

Lorsque l’on parle musique gabonaise, on pense aux piliers tels que, entre autres, Pierre-Claver Akendengué, Patience Dabany, feu Oliver Ngoma ou encore Lord Ekomy Ndong, du groupe mythique Movaizhaleine, qui n’est plus à présenter. Nous avons eu la chance et l’honneur de nous poser avec ce dernier pour aborder son parcours et recueillir ses impressions sur la scène artistique gabonaise.

Lord Ekomy Ndong

 

Depuis combien de temps faites-vous de la musique? Pour quelles raisons avez-vous commencé à en faire ? Quelles expériences en avez-vous tiré depuis vos débuts ?
Quand ? Je ne sais plus. Déjà à ma naissance j’ai poussé mon premier cri engagé exactement comme le logo de mon groupe.
Adolescent avec mes amis on décide de former un possee il y a vingt ans avec pour emblème ce même visage de guerrier africain qui hurle au ciel ce qu’il a sur le cœur.
Ce qui nous a poussé à en faire ne s’explique finalement pas. Tout dans nos façons de faire contient de la musique. Chez nous. On mange en chantant. On dénonce en chantant. On pleure en chantant. Le hip hop est juste la façon dont nous continuons a faire ce que les nôtres ont toujours fait au moyen de la musique. S’exprimer. Écrire nos rêves. Décrire nos réalités. Décrier nos difficultés.  Crier notre identité.

 

Que pensez-vous de la scène artistique gabonaise en général, et plus particulièrement de la scène musicale ?
Finalement ce pays est aussi riche en matières premières qu’en talents bruts. J’en parle dans le titre NOUS. Malheureusement les talents en question me paraissent sous valorisés. Sous exploités. Sous estimés.
Cela est valable dans tous les plans du domaine culturel et artistique.

 

Qu’est-ce qui peut / doit être amélioré pour le développement de cette industrie au Gabon ?
On pourrait citer l’éternel problème de droits d’auteur pour les musiciens, etc.  Mais en gros il faudrait plus de reconnaissance du merveilleux travail que beaucoup d’entre nous font avec leurs bouts de ficelle.
Plus de valorisation de ce talent. De manière à ce que les Gabonais puissent être fiers de leurs artistes. Plus de circuit de formation et de professionnalisation dans les métiers de l’art et du spectacle. Plus de cadres pour accompagner ces activités. Parce que jusqu’ici on est une race d’autodidacte qui en général n’a presque personne à qui dire merci.
Ça nuancerait peut être des phénomènes récurrents chez nous. Ceux qui emmènent nos artistes à prostituer leur art au service de la politique. Ou alors ceux qui te persuadent de tout simplement abandonner le don que Dieu a mis dans tes mains.
Voilà.

Ses albums, dont « IBOGAÏNE », sont disponibles sur iTunes ou Amazon. Découvrez trois de ses titres les plus récents :

 

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Observatrice silencieuse, je relate aussi fidèlement que possible ce que j'observe.

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